samedi 27 août 2011
Ouragan sur New York – 1ère partie
below : Hurricane in New York – Part one – english captions
Une série.
Je n’avais pourtant pas senti le tremblement de terre,
” Ta maison est très bien isolée sans doute” me suggère une amie.
Je suis toujours médusée par ce précédent.
Que j’ignore. Je n’ai rien senti.
Et voilà Irène, le même cyclone que nous avions rencontré à Miami en Floride lors de notre 1ère tournée US en octobre 1999. Bloqués dans ce grand hôtel, au 24e étage, les vitres des fenêtres de ma chambre ondulaient sous la force du vent. Les légendaires palmiers érectiles de la coquette Miami faisaient leur révérence, le vent, la pluie emportaient tout, notre remorque qui contient les instruments et le matériel de sonorisation a frôlé l’inondation, tous les musiciens et l’équipe l’ont sauvée à bras d’hommes des eaux, mémorable. Dans le hall de l’hôtel, les gens ont faim, les distributeurs de boissons sont vides, les stocks épuisés, ils prennent d’assaut les cuisines. Un groupe digne et résigné se distingue, des hommes et des femmes en costumes élégants et colorés, attachés à leurs petites valises à roulettes, ils sont le personnel navigant de compagnies aériennes, ils parlent du beau temps, pas de la pluie qu’ils connaissent et qu’ils bravent chaque jour. Quelques personnes paniquent, quelques comédiens jouent leur dernier grand rôle de victime, d’autre celui du héros en brandissant 2 mini-bouteilles d’eau de son sac à dos pour une bimbo qui pleure et une mamie qui râle, mais dans l’ensemble, tout le monde attend que la tempête passe.
Car elle passera.
Mère Nature décide de bien nous rappeler son message
Avec Force et Fracas.
Donc.
Hier, nous avons, comme tout le monde, augmenté nos stocks d’eau potable, de bougies, de piles, de pain pour les sandwichs, on ne sait jamais, il y aura sans doute des coupures d’électricité. Grand moment pour le supermarché de mon quartier, sold out show ! Le supermarché est blindé de monde, la queue aux caisses s’étend sur des mètres et des mètres. Un petit garçon blond attire mon attention au rayon fruits et légumes. Il fait un parcours du combattant sous les étals, il capte mon regard et porte son petit index sur ses lèvres ” chuttt ….”, me demandant de ne rien dire. Ce petit homme est créatif, me dis-je. Plus tard, je suis en attente dans la longue file d’attente aux caisses, quand le petit blond vient à moi :
Cette file est interminaaaable ! Ça va nous prendre des heures pour passer aux caisses ! Quel ennui !!!!
Je te trouve pourtant bien créatif depuis que je t’ai vu sous les bananes tout à l’heure.
Il faut bien ! Je m’ennuie, et l’attente est insupportaaable !
Tiens le coup ! Et continue ton entrainement de Ninja ! , lui dis-je, en échangeant un clin d’oeil complice avec le petit génie qui scintille dans son iris bleu.
Il part en pointant les doigts en faisceau laser, et tire sur sa mère enceinte super cool qui essaie de choisir des pizzas surgelées pour nourrir son petit hyper actif. Génial !
Je ricane. C’est mon côté gamine. Un peu de naïveté est nécessaire dans un moment comme celui-là. Les tiroirs caisses se remplissent, les stocks d’eau diminuent. Chacun se prépare pour le passage d’Irène, la vilaine.
Vendredi soir, les rues sont calmes, et le ciel nous offre un coucher de soleil orange rose et doré.
La psychose s’intensifie dès samedi. Il est bientôt 14h. Nous ne voyons pas la catastrophe attendue dans les autres villes plus au sud, déjà touchées par Irène.
La cyclone est lent, il perd en puissance. Il agite l’océan, les vagues sont hautes et fortes, il pleut, à torrent, au moment du passage du cyclone, mais pas plus.
Il pleut déjà à Brooklyn.
L’évacuation des zones de la côte est cependant maintenue à New York.
Nous, nous ne sommes pas en zone risquée.
Tout va bien, my friends.
Les bulletins de news montrent des plages où les curieux se baladent sur la plage, pour regarder les vagues et l’eau, désireux d’être aux premières loges d’un triste spectacle.
Irène danse.
La déesse Yemanja danse avec elle.
LaSiren, Ma Longo, Madre D’Agua, Mami Wata, Mother of Waters, déesse de la mer, de la maternité, protectrice des enfants, le chiffre 7, elle règne sur tous les êtres vivants, sur sa création, sur ses créatures, sous les rayons direct d’une nouvelle lune et d’Uranus, la planète du ” Grand Eveil “, de retour dans la constellation du Bélier après un long voyage de 84 ans. Uranus est la planète de la rébellion, ses influences nous poussent à être dynamiques, à agir ensemble, de concert, à faire preuve d’altruisme, qui signifie bien solidarité et bienveillance, et non serviabilité et dévouement. Uranus réveille les consciences, secoue les esprits endormis, parfois avec violence, pour briser l’inertie et la paralysie de la nature humaine, sa paresse et ses négligences, bien trop confortablement assise dans un monde où toutes les tensions accumulées sont désormais intolérables.
Il faut relâcher la pression.
L’orage éclate et la foudre tombe.
Peut être est-ce tout simplement pour nous soulager ?
H.
Hurricane in New York City Saturday August 27th 2011
Part One – English captions
A series.
Yet I had not felt the earthquake,
“Your house is well insulated probably” suggests to me a friend.
I’m still dumbfounded by this precedent.
I do not know how it felt. I felt nothing.
And this is Irene, the same hurricane that we had met in Miami, Florida during our first US tour in October 1999. Blocked in this great hotel, 24th floor, the windows of my room were waving in the powerful wind. The legendary erectile palm trees of the charming Miami made their bow, winds, rain embark everything, our trailer containing the instruments and sound equipment was close to flooding, all the musicians and the team have saved it from the water, lifting it up with their bare hands, I will remember it all my life. In the hotel lobby, people are hungry, vending machines & bars are empty, out of stocks, people just raided in the hotel kitchen. A group stands alone, with dignity and resignation, men and women in colorful and elegant costumes, attached to their small suitcases with wheels, they are airlines’crew, they talk about anything but no weather, they know it and they brave the sky every day. Some people panic, some actors play their last great role of a victim, other play the hero, brandishing two mini-bottles of water from his backpack for a bimbo who cries and a granny who groans, but overall everyone is waiting for the storm to pass.
And it will pass.
Mother Nature decided to remind us of her emergency message
With Force and Fracas.
Indeed.
Yesterday we, like everyone else, filled our stocks of drinking water, candles, batteries, bread for sandwiches, you never know, power outage might most likely happen. Great business day for the supermarket in my neighborhood, it is a sold out show! The supermarket is full, the waiting line extends to credit meters and feet. A small blond boy catches my attention in the fruit and vegetable alley. He is crawling under the stalls, like a US Marine, he captures my attention and put his little finger on his lips “Shushhh ….” Asking me to say nothing. This little man is creative, I thought. Later, I’m waiting in the long line at the checkout when the little blond head comes to me again:
- This line is endlesssssssssss! It will take us hourssssssss to get out of here ! What a bore!!
- Yet, I said, I find you very creative since I saw you under the bananas earlier.
- I have to be ! I’m bored, and the wait is unbearaaaaaaaable!
- Hold on ! And keep up the Ninja training ! , I said, sharing a wink with the sparkling genius shining in his blue iris.
He starts pointing his fingers as a laser beam, and shoot his super cool pregnant mother who is trying to choose frozen pizzas to feed this hyper active kid. Great!
I sneered. That’s my brat side. A bit of naivety is necessary in a time like this. Cash machines are tilting, water starts to be rare. Everyone is preparing for the passage of villein Irene.
Friday night, the streets were calm and the sky gaveus a fantastic orange pink and gold sunset.
Psychosis intensifies on Saturday. It almost 2PM. In other cities further south already swiped by Irene, we do not see the expected disaster.
The hurricane is slow, it loses power. It moves the ocean, the waves are high and strong, it rains in torrents, when cyclone reaches, but no more.
It’s raining in Brooklyn already.
The evacuation of coastal areas, however, is maintained in New York city.
We are not in a risky zone.
All is fine, my friends.
The news bulletins show New Jersey’s beaches where curious idiots stroll on the beach, watching the waves and the water, eager to be at the forefront of the sad spectacle.
Irene dances.
The goddess Yemaya dances with her.
LaSiren, Ma Longo, D’Agua Madre, Mami Wata, Mother of Waters, the goddess of the sea, she is motherhood, protector of children, she is the number 7, she reigns over all living things, her creation, her creatures, under the direct rays of a new moon and Uranus, planet of the “Great Awakening”, back into the constellation Aries after a long travel of 84 years. Uranus is the planet of rebellion, its influences lead us to be dynamic, to act together in concert, to be altruistic, which means good will and solidarity, and not helpfulness and dedication. Uranus wakes consciences up, shake the asleep minds, sometimes violently, to break the inertia and paralysis of the human nature, its laziness and its negligences, humans too comfortably seated in a world where all the accumulated tensions are now intolerable.
Pressure needs to be unleashed.
Thunder blows and light is striking.
Perhaps is it to relieve us ?
Tags:Brooklyn, Hurricane, Irene, New York
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